Antoine Galland a-t-il écrit Aladdin ?
Antoine Galland a écrit le texte français d’« Aladdin » et en a longtemps été tenu pour l’auteur, mais il ne l’a pas inventé : il le tenait de Hanna Diyab, en 1709. Depuis Marvellous Thieves (2017), Paulo Lemos Horta soutient que Galland était un créateur peu probable des merveilles du conte et de son jeune héros attachant. Galland se défendait de tout don pour la fiction, consacrait ses journées aux médailles et à l’érudition classique, et laissa des journaux dépourvus de l’attention aux pauvres qui traverse les mémoires de Diyab et le conte. Horta crédite Galland de ses propres ajouts, comme les morales. Le journal de Galland nomme lui-même sa source : le 5 mai 1709, « le Maronite Hanna d’Alep, acheva de me faire le recit du Conte de La Lampe » (Le Journal d’Antoine Galland, éd. Frédéric Bauden et Richard Waller, t. I (Peeters, 2011), p. 321).
« Rien, ou presque, dans les écrits de l’orientaliste français ne laisse penser qu’il était capable de camper avec sympathie un personnage comme Aladdin, alors que les mémoires de Diyab révèlent un narrateur capable de saisir la psychologie singulière de son jeune moi. »
Texte original : “There is little in the writings of the French Orientalist that would suggest that he was capable of developing a character like Aladdin with sympathy, but Diyab’s memoir reveals a narrator capable of capturing the distinctive psychology of his younger self.”
Marvellous Thieves (2017), p. 44
« Pour l’essentiel, Marvellous Thieves fait tomber l’idée répandue selon laquelle Antoine Galland aurait surtout puisé dans ses expériences du Levant pour l’histoire d’Aladdin. »
Texte original : “Essentially, Marvellous Thieves strikes down the commonly held belief that Antoine Galland mostly employed his experiences from the Levant in the story of Aladdin.”
Autres citations de Horta (2)
« Au vu de ces éléments, Galland apparaît comme un candidat peu probable à une contribution créatrice à une série de contes qui font une si large place au merveilleux, au sens des richesses matérielles comme du surnaturel. »
Texte original : “In the face of this evidence, Galland seems an unlikely candidate to have contributed creatively to a series of tales that strongly engage with the marvellous, in the sense of both material riches and the supernatural.”
Marvellous Thieves (2017), p. 32
« C’est une révision stupéfiante de notre compréhension de l’origine de l’histoire : reconnaître qu’Aladdin n’est pas seulement le fantasme d’un érudit et traducteur français de 60 ans, mais qu’il est né du talent narratif et de l’expérience singulière d’un voyageur de 20 ans venu d’Alep. »
Texte original : “That’s a mind-blowing revision of our understanding of where the story came from — the recognition that Aladdin is not just the fantasy of a 60-year-old French scholar and translator, but that it was born through the narrative skills and distinctive experience of a 20-year-old traveler from Aleppo.”
cité dans Time, 23 mai 2019
Autres critiques et chercheurs (3)
« Horta plaide de façon convaincante pour une francisation d’« Aladdin » due aux enjolivements du conteur Diyab plutôt qu’à la contribution de Galland (vieil érudit desséché). »
Texte original : “Horta makes a good case for the Frenchification of ‘Aladdin’ resulting from Diyab’s storytelling embroidery, rather than from the contribution of Galland (who was a scholarly dry old stick).”
« Deuxième rebondissement [du livre de Horta] : les mémoires de Diyab, sous une forme partielle, refont surface à la Bibliothèque vaticane. On relève une ressemblance frappante entre son style, lorsqu’il décrit ses voyages avec l’aventurier orientaliste français Paul Lucas (et dans les trois récits de Lucas lui-même), et les « histoires orphelines ». Peut-être Galland, plus porté vers la Grèce que vers Bagdad, a-t-il minimisé la sophistication des récits que lui faisait Diyab. »
Texte original : “So, twist two [of Horta’s book]: Diyab’s memoirs, in partial form, turn up in the Vatican Library. There is a striking resemblance in his writing style, describing his travels with the French Orientalist adventurer Paul Lucas (and in Lucas’s own three memoirs) to the “orphan stories”. Maybe Galland, a man more inclined to Greece than Baghdad, underplayed the sophistication of Diyab’s recounted yarns.”
« Comme le décrit Paulo Lemos Horta dans son introduction à la nouvelle traduction d’Aladdin par Yasmine Seale (2018), Galland n’a pas inventé l’histoire. »
Texte original : “As Paulo Lemos Horta describes in his introduction to Yasmine Seale’s 2018 re-translation of Aladdin, Galland didn’t invent the story.”
Priorité scientifique
- janvier 2017Horta, Marvellous Thieves (Harvard University Press)
- 2019Melinda Cohoon, Review of Middle East Studies 53.2
Retentissement auprès du grand public
- 1er janvier 2017Stuart Kelly, Scotland on Sunday
- février 2017Robert Irwin, Literary Review
- 23 mai 2019Horta cité dans Time
- 27 mai 2019ArabLit, « Forthcoming: Translation of Memoir by ‘Aladdin’-teller Hanna Diyab »