Paulo Lemos Horta

Que sont les contes orphelins ?

Lotte Reiniger, Les Aventures du prince Ahmed (1926), d’après le conte du prince Ahmed de Hanna Diyab. D’après Cinéa, 1926.
Lotte Reiniger, Les Aventures du prince Ahmed (1926), d’après le conte du prince Ahmed de Hanna Diyab. D’après Cinéa, 1926.

Les « contes orphelins » sont les histoires qu’Antoine Galland ajouta à ses Mille et Une Nuits françaises d’après les récits de Hanna Diyab en 1709, parmi lesquelles « Aladdin », « Ali Baba et les quarante voleurs » et « Le Prince Ahmed et la fée Pari-Banou ». On les dit orphelins parce que, à une exception près, on ne leur connaît aucune source manuscrite arabe. Depuis Marvellous Thieves (2017), Paulo Lemos Horta soutient qu’ils n’ont rien d’anonyme et, en 2021, il a proposé de les appeler « contes de Diyab ».

« Ces histoires, appelées « contes orphelins » parce qu’elles n’ont (à une exception près) aucune source manuscrite arabe connue, sont considérées comme essentielles à l’œuvre de Galland en tant que traducteur des Mille et Une Nuits. »

Texte original : “These stories, called the “orphan tales” because (with one exception) they have no known Arabic manuscript source, are seen as central to Galland’s achievement as a translator of the Arabian Nights.”

Marvellous Thieves (2017), p. 19

« The Art of Storytelling: A Literary Study of the Thousand and One Arabian Nights (1963) de Mia Gerhardt introduit en outre le terme de « contes orphelins » : des histoires comme Aladdin et Ali Baba, que Galland ajouta à sa version des Mille et Une Nuits et qui, jusqu’à récemment, n’étaient attribuées à personne. Or Marvellous Thieves: Secret Authors of the Arabian Nights (2017) de Paulo Lemos Horta examine le contexte littéraire de la traduction en reconnaissant les « conteurs, traducteurs et initiés culturels » négligés, et éclaire la figure du transmetteur oral Hanna Diyab (2, 3). »

Texte original : “Mia Gerhardt’s The Art of Storytelling: A Literary Study of the Thousand and One Arabian Nights (1963) further introduces the term “orphan tales”—stories such as Aladdin and Ali Baba that were added by Galland to his version of the Arabian Nights, which until recently had not been attributed to anyone. However, Paulo Lemos Horta’s Marvellous Thieves: Secret Authors of the Arabian Nights (2017) examines the literary context of translation by acknowledging the overlooked “storytellers, translators, and cultural insiders,” casting light on the oral story transmitter Hanna Diyab (2, 3).”

Autres citations de Horta (1)

« Les prétendus contes orphelins … ne peuvent plus être considérés comme sans auteur. »

Texte original : “The so-called orphan tales … can no longer be seen as authorless.”

Postface à The Book of Travels de Diyab (2021), p. 319
Autres critiques et chercheurs (3)

« Horta attire cependant notre attention sur une question plus curieuse : Galland fut-il le seul traducteur et auteur de ces « histoires orphelines » des Mille et Une Nuits ? Horta apporte des preuves convaincantes que la réponse est « non », allant jusqu’à dire que les contes les plus célèbres, comme « Ali Baba et les quarante voleurs » et « Aladdin ou la lampe merveilleuse », ne figuraient pas dans le manuscrit arabe original utilisé par Galland. »

Texte original : “Horta, however, brings our attention to a more curious matter here: Was Galland the only translator and author of these ‘orphan stories’ of the Arabian Nights? Horta offers compelling evidence that the answer is ‘no’, going so far as to say that the most famous tales, such as ‘Ali Baba and the 40 Thieves’ and ‘Aladdin and the Wonderful Lamp’, were not in the original Arabic manuscript that Galland used.”

Aqsa Ijaz, Dawn, 3 décembre 2017

« Galland ne précisa pas le rôle exact de Diyab, mais deux de ces histoires, celle d’Aladdin et de sa lampe et celle d’Ali Baba et des quarante voleurs, étaient manifestement des « contes orphelins », c’est-à-dire sans texte source arabe clairement identifié. De toute évidence, à mesure que Horta rassemble les fils comme dans un roman policier, il apparaît qu’il s’agissait de créations propres à Diyab, bâties d’allusions, de métaphores et de symboles de tout ce qu’il avait vu, entendu et raconté. »

Texte original : “Galland did not elaborate Diyab’s exact role but two of these stories, the one of Alladin and his lamp, and Ali Baba and the forty thieves were clearly ‘orphan tales’, that is, they had no clear original Arabian source texts. Evidently, as Horta pieces the strands together like a detective story, these were Diyab’s own creations, built with allusions, metaphors and symbols of all that he had seen, heard and retold.”

Anu Kumar, The Wire, 18 février 2017

« Les traductions européennes comprenaient d’autres histoires qui ne figuraient pas dans les versions arabes originales et qui pourraient bien être la création de traducteurs et d’interprètes. Ainsi, « La lampe d’Aladdin » et « Ali Baba et les quarante voleurs » parurent d’abord dans la traduction française d’Antoine Galland. Horta … s’intéresse aux éléments « nouveaux » ajoutés par les traducteurs européens, qui refondirent diversement les histoires originales. »

Texte original : “European translations included more stories that were not in the original Arabic versions and may well have been the creation of translators and interpreters. For example, “Aladdin’s Lamp” and “Ali Baba and the Forty Thieves” appeared first in Antoine Galland’s French translation. Horta … focuses on “new” material added by European translators, who variously recast the original stories.”

Ali Houissa, Library Journal, critique étoilée, 1er février 2017
Priorité scientifique
  1. janvier 2017Horta, Marvellous Thieves (Harvard University Press)
  2. 2019Melinda Cohoon, Review of Middle East Studies 53.2
  3. 2021Horta, Postface à The Book of Travels de Diyab (2021)
Retentissement auprès du grand public
  1. 1er février 2017Ali Houissa, Library Journal, critique étoilée
  2. 18 février 2017Anu Kumar, The Wire
  3. 3 décembre 2017Aqsa Ijaz, Dawn