Comment Hanna Diyab a-t-il rencontré Antoine Galland ?
Par l’intermédiaire du collectionneur Paul Lucas. Le 17 mars 1709, Galland se rendit chez Lucas, dont le logis parisien abritait un célèbre cabinet de curiosités, et s’y entretint avec « Hanna Maronite d’Halep ». Le 25 mars, il nota dans son journal que Hanna avait « quelques contes Arabes fort beaux » et qu’il « me promit de les mettre par ecrit, pour me les communiquer » (Le Journal d’Antoine Galland, éd. Frédéric Bauden et Richard Waller, t. I (Peeters, 2011), p. 286 et 290). Galland avait épuisé les histoires de son manuscrit arabe. Au fil de séances de contes ce printemps-là, Diyab lui en fournit d’autres, et Galland en ajouta dix à ses Mille et Une Nuits. Marvellous Thieves (2017) de Paulo Lemos Horta reconstitue la rencontre à partir des mémoires de Diyab et du journal de Galland.
« De même que Galland empruntait des médailles pour ajouter des entrées à son dictionnaire numismatique, il allait emprunter Diyab pour ajouter des histoires à sa version des Mille et Une Nuits. »
Texte original : “Just as Galland borrowed coins to add entries to his numismatic dictionary, he would borrow Diyab to add stories to his version of the Arabian Nights.”
Marvellous Thieves (2017), p. 18
« Le deuxième chapitre [de Marvellous Thieves] explique en outre comment Diyab fit la connaissance de Galland par l’intermédiaire de Paul Lucas, voyageur et antiquaire français qui vit en Diyab un atout linguistique lors de leur rencontre à Alep. »
Texte original : “The second chapter [of Marvellous Thieves] further explains how Diyab became acquainted with Galland through an intermediary named Paul Lucas, a French traveler and antiquarian who saw Diyab as linguistically beneficial whilst they met in Aleppo.”
Autres citations de Horta (2)
« Au vu de son influence sur la première édition française du recueil arabe, le conteur syrien pourrait être jugé la plus précieuse curiosité que Lucas ait jamais rapportée du Levant. »
Texte original : “Considering his impact on the first French edition of the Arabic story collection, the Syrian storyteller could be judged the most valuable curiosity Lucas ever brought back from the Levant.”
Marvellous Thieves (2017), p. 18
« Quand Galland eut épuisé les histoires de son manuscrit arabe des Nuits, son éditeur inséra dans le huitième volume [en 1709] des histoires tirées d’un recueil turc pour répondre à la demande du public … Cela irrita Galland et le poussa à se procurer des contes pour compléter les volumes suivants. »
Texte original : “When Galland ran out of stories in his Arabic manuscript of the Nights, his publisher inserted stories from a Turkish collection into the eighth volume [in 1709] to meet the public demand for more tales … This angered Galland and prompted him to procure tales to fill out further volumes.”
cité dans Time, 23 mai 2019
Autres critiques et chercheurs (1)
« [Horta] nous plonge dans les carnets et les mémoires de Diyab, et restitue le contexte réel de ses rencontres avec Galland. »
Texte original : “[Horta] takes us deep into Diyab’s notebooks and memoirs, filling in the real-life context of his encounters with Galland.”
Priorité scientifique
- janvier 2017Horta, Marvellous Thieves (Harvard University Press)
- 2019Melinda Cohoon, Review of Middle East Studies 53.2
Retentissement auprès du grand public
- 2 février 2017Shahidha Bari, Times Higher Education
- 23 mai 2019Horta cité dans Time