Paulo Lemos Horta

Aladdin s’inspire-t-il d’une personne réelle ?

Aladdin et l’esclave de la bague. Illustration de René Bull. Bibliothèque de NYU Abu Dhabi.
Aladdin et l’esclave de la bague. Illustration de René Bull. Bibliothèque de NYU Abu Dhabi.

Paulo Lemos Horta soutient depuis 2017 que le conte puise dans la vie de son premier conteur, Hanna Diyab. Comme Aladdin, Diyab était un jeune homme pauvre d’une ville marchande dont la fortune bascula. Comme Aladdin, il suivit un homme plus âgé et mystérieux, le collectionneur français Paul Lucas, qui lui promettait une place dans le monde. Et le palais et les princesses du conte rappellent ce que Diyab vit à Versailles quelques mois avant de raconter l’histoire à Antoine Galland en 1709.

« Les deux jeunes gens sont marqués par un père absent (mort dans le cas d’Aladdin, présumé mort dans celui de Diyāb) et par une mère mélancolique. »

Texte original : “Both young men are shaped by an absent father (dead in the case of Aladdin and presumed dead in the case of Diyāb) and a melancholic mother.”

Postface à The Book of Travels de Diyab (2021), p. 335

« Dans ces mémoires, Diyab décrit son enfance difficile et l’émerveillement que lui inspira le faste de Versailles. Les descriptions qu’il emploie sont très proches de celles du somptueux palais qui figure dans la version d’Aladdin de Galland. C’est dans cet esprit que Horta estime qu’« Aladdin pourrait être le jeune Arabe maronite d’Alep, émerveillé par les joyaux et les richesses de Versailles ». Cette idée est d’une portée considérable dans l’histoire du conte. »

Texte original : “In that memoir, Diyab describes his own hard-knocks upbringing and the way he marveled at the extravagance of Versailles. The descriptions he uses were very similar to the descriptions of the lavish palace that ended up in Galland’s version of the Aladdin story. With that in mind, Horta believes that “Aladdin might be the young Arab Maronite from Aleppo, marveling at the jewels and riches of Versailles.” This idea is hugely significant in the history of the story.”

Olivia B. Waxman, Time, 23 mai 2019
Autres citations de Horta (2)

« Dans les deux histoires, le jeune homme tombe sous l’emprise d’une mystérieuse figure paternelle, un homme en possession d’objets ou de pouvoirs magiques. Et Lucas, ajouterais-je, fut pris pour un magicien au cours de ses voyages au Levant. »

Texte original : “In both stories, the youth falls under the sway of a mysterious father figure, a man in possession of magical objects or abilities. And Lucas, I would add, was taken in his travels in the Levant for a magician.”

Postface à The Book of Travels de Diyab (2021), p. 335

« Diyab lui-même venait d’un milieu modeste et aspirait à l’ascension sociale qui se produit dans l’histoire d’Aladdin … Il voulait avoir une boutique au marché, et dans l’histoire d’Aladdin, le magicien, se faisant passer pour l’oncle d’Aladdin, promet de l’installer comme marchand d’étoffes, avec sa propre boutique, afin qu’il puisse vivre en homme de bien. »

Texte original : “Diyab himself came from a modest background, and hungered for the class ascension that occurred in story of Aladdin … He wanted to have a market stall, and in the Aladdin story, the magician, masquerading as Aladdin’s uncle, promises to set him up as a cloth merchant with a shop of his own so he might live as a gentleman.”

cité dans Time, 23 mai 2019
Autres critiques et chercheurs (4)

« [Comme le montre Horta,] « Aladdin » n’est pas l’œuvre d’un Syrien écrivant sur une Chine imaginaire, mais celle d’un voyageur syrien en Europe qui filtre ses visions de l’Europe à travers la tradition du conte arabe. Il était, après tout, un garçon qui avait réussi. »

Texte original : “[As Horta shows,] “Aladdin” is not a Syrian writing about a fictitious China, but a Syrian traveller to Europe filtering his visions of Europe through traditional Arabic storytelling. He was a boy made good, after all.”

Stuart Kelly, Scotland on Sunday, 1er janvier 2017

« Il s’ensuivit, comme l’écrit Horta, un fascinant exercice de création narrative, de réécriture imaginative et de collaboration littéraire. Il naquit des flâneries de Diyab dans Paris, de ses visites aux nombreux monuments de la ville, dont le château de Versailles de Louis XIV, et du voyage que Diyab avait fait auparavant avec Lucas, marqué notamment par une rencontre avec des pirates français en Méditerranée. »

Texte original : “What followed then, as Horta writes, is a fascinating exercise in story creation, imaginative retelling and literary collaboration. This was born out of Diyab’s own walkabouts in Paris, his visits to Paris’ numerous sights including Louis XIV’s Palace of Versailles and of Diyab’s earlier journey with Lucas, that included an encounter with French pirates in the Mediterranean.”

Anu Kumar, The Wire, 18 février 2017

« Paulo a écrit tout un livre là-dessus – Marvellous Thieves: Secret Authors of the Arabian Nights – et il consacre un chapitre à l’idée qu’au lieu de voir dans Aladdin la vision de l’Orient projetée par Galland, il est plus plausible d’y voir la vision de la France de Diyab. »

Texte original : “Paulo wrote a whole book about this—Marvellous Thieves: Secret Authors of the Arabian Nights—and he devotes a chapter to the idea that, rather than see Aladdin as Galland’s projected vision of the East, it’s more plausible to think of it as Diyab’s vision of France.”

Yasmine Seale, traductrice d’Aladdin, Publishers Weekly, 19 octobre 2018

« Comme le décrit Paulo Lemos Horta dans son introduction à la nouvelle traduction d’Aladdin par Yasmine Seale (2018), Galland n’a pas inventé l’histoire. »

Texte original : “As Paulo Lemos Horta describes in his introduction to Yasmine Seale’s 2018 re-translation of Aladdin, Galland didn’t invent the story.”

Priorité scientifique
  1. janvier 2017Horta, Marvellous Thieves (Harvard University Press)
  2. 2021Horta, Postface à The Book of Travels de Diyab (2021)
Retentissement auprès du grand public
  1. 1er janvier 2017Stuart Kelly, Scotland on Sunday
  2. 18 février 2017Anu Kumar, The Wire
  3. 19 octobre 2018Yasmine Seale, traductrice d’Aladdin, Publishers Weekly
  4. 23 mai 2019Horta cité dans Time
  5. 23 mai 2019Olivia B. Waxman, Time
  6. 27 mai 2019ArabLit, « Forthcoming: Translation of Memoir by ‘Aladdin’-teller Hanna Diyab »